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Qui est la plus folle ? [Fuyu]


Mar 28 Fév - 17:36
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Kyomi
Qui est la plus folle, dis-moi ?
Nul ne le sait. Je ne le sais pas. Je ne sais rien. Je ne sais plus. Depuis ce jour, j'ai tout oublié. Qui suis-je ? Où suis-je ? Comment suis-je ? Tant de questions se bousculaient en moi. Tant de questions auxquelles je serai incapable de répondre. Tant de questions et de pensées qui me torturent l'esprit, pourtant déjà enfoui sous des tonnes de tristesse et de haine.
Suis-je vraiment différente de ce que j'étais ? Que fais-je, là, assise par terre, à observer le vide ? Qu'aurai-je bien pu perdre de si important au point d'en paraître tellement changée aux yeux de tous ? J'avais donc d'autres choses à perdre, mais il était trop tard pour m'en rendre compte et faire preuve de prudence.
Trop tard pour apprécier ces choses, et cesser de les négliger. Une négligence qui m'avait désormais coûté quelque chose de très important, au point que je ne puisse même pas, en ce moment, deviner de quoi il s'agit. Comment avais-je pu en arriver là ? Comment avais-je donc perdu l'esprit de la sorte ?
Tout avait commencé ce jour-là, je ne sais pas quand. J'ai oublié. Personne ne saurait dire quand, parce que c'était il y a bien trop longtemps. Tout cela me semblait tellement loin que, si vous connaissez cette histoire, vous devriez être déjà mort tellement vous seriez vieux.
Un simple claquement. Un horrible son effrayant, tellement que même sans ses effets, il aurait pu vous faire sombrer dans les abysses de la folie. Le claquement du moral qui lâche, de l'esprit qui s'envole, de l'homme qui devient fou. Mais je ne suis pas un homme, je suis morte.
Suis-je vraiment devenue folle ? C'est la question que je me pose, assise là, devant ce labyrinthe.

Qui est la plus folle, dis-moi ?
Même en face de toi, je ne saurai répondre. Tout simplement parce que je le suis et que je demeure irrémédiablement dans l'ignorance, mes yeux plongés dans les yeux. Mon pauvre regard perdu et embué plongé dans le tien, plus farouche et déterminé.
Que comptes-tu faire ? Que dois-je faire ? Pourquoi es-tu là ? Il est trop tard, tu sais. J'ai déjà sombré dans la folie et je ne pourrai en revenir. Mon esprit refuse de donner forme à ces pensées, pour les laisser passer le seuil de mes lèvres. Il me crie autre chose.
Ce n'est pas mon rôle d'être ainsi. Ce n'est pas mon rôle de penser de la sorte. Je dois crier, frapper et pousser des rires démentiels devant le cadavre ensanglanté de mes victime. Ainsi est mon rôle. Je ne suis plus maître de mon destin, pas plus que capitaine de mon âme.
Condamnée à observer les choses devant moi, parfaitement silencieuse, à attendre éternellement qu'on vienne m'extirper des méandres d'une folie qui me semble si illusoire.
Regard embué ? Laisse-moi rire. Mes yeux sont méchants, trompeurs et sadiques. Un sourire est étiré sur mes lèvres, un sourire amusé. Je me lève, debout devant toi à quelques mètres, et j'écarte les bras en te regardant. Mon geste serait-il trop inattendu pour que tu le comprennes ? Et pourtant, c'est bel et bien ce que je fais.
Et ainsi, avec un dernier regard amusé vers toi, je lance une réplique. Celle-ci aussi, te semble trop lointaine et incompatible avec mon état pour sembler vraie. Seras-tu assez bête pour croire que ma personne soit encore maître de moi-même au point d'en lancer une telle absurdité ?
Si c'est le cas, tu ne veux certainement pas mieux que moi.

« Bienvenue~ ! »

Qui est-la plus folle ?
Tu te le demandes bien. Suis-je folle de t'accueillir de la sorte, où l'es-tu assez pour penser que j'ai pu le dire ? Quoiqu'il en soit, je ne compte pas le répéter, j'en serai bien incapable. Cette bonne humeur factice qui n'est pas plus que le reflet du vol de mon esprit. Un esprit si pur et développé qu'était le mien.
Sauras-tu le faire revenir ? Je fais volte-face et cours, mes bottes grises résonnant sur le sol froid et dur, dans cette atmosphère silencieuse, créant l'unique canal sonore en cet instant. Bien vite, tu comprends que tout cela ne sera pas une mince affaire. Je disparais déjà parmi les murs de ce labyrinthe. Seras-tu capable de m'y retrouver ?
Laquelle de nous deux sombrera-t-elle dans la folie en première ? Nul ne le sait, mais il ne s'agit pas uniquement d'un amusement où nous mettons en jeu nos fiertés. Dans ce labyrinthe, nous jouons nos vies.

Jeu 1 Mar - 13:27
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Fuyu Kodoku
Depuis combien de temps était-elle là ? La réponse ne lui vint pas. Elle se contentait de rester de bout devant la jeune femme en face d’elle, silencieuses toutes deux. A quoi elle pensait ? A rien. Enfin si. A tellement de choses que suite à une question, elle répondrait par ce mot qu’était « rien ». Avouez tout de même qu’il est impossible de définir exactement ce rien. Eh bien, la jeune Fuyu pensait à tout sauf à ce rien. Déjà, pourquoi était-elle là ? Elle s’était simplement réveillée, avait décidé de ne pas aller en cours et était arrivé là. Ses pas l’avaient guidé jusque là, et désormais, elle faisait face à une jeune femme. Plutôt jolie, mais elle ne s’y attarda d’aucune façon.

Un esprit. Elle le sentait. Elle n’en avait jamais rencontré. Un esprit. Ces êtres morts. Ces âmes bloquées dans leurs enveloppes charnelles pour encore bien longtemps. Un esprit. Ce n’était pas censé faire peur, ça ? Et puis, non pas ça. Ils avaient tout de même le droit d’avoir une autre appellation, non ? Fuyu n’en savait rien. Elle ne connaissait pas cette personne, alors elle s’en fichait. Ça faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas laissé le vrai elle faire surface, et il était temps de lui faire appel. Nullement qu’elle était méchante ou autre, juste elle-même. Son regard se noyait dans celui de la jeune femme assise, alors qu’aucun son ne voulu filtrer d’entre ses dents. A quoi jouait-elle ? Pourquoi ne pas s’en aller ? Elle devait rester. Elle voulait rester. Elle voulait mettre tout en jeu. Elle voulait s’amuser. Elle la voulait, elle. Oui, elle voulait cet esprit. Aucun sens ? Pour Fuyu, cette phrase en avait. Pourtant, elle ne bougea toujours pas. Les deux jeunes gens se regardaient, alors qu’une émotion put enfin se faire lire sur le visage de la jeune gothique tout de noir vêtue.. Le désir.

La voici qui bouge. Elle se relève, lance à Fuyu un regard amusé en tendant les bras, l’accueillant avec une réplique enduite de sarcasme. Celle à qui les paroles étaient destinés amena son pied droit en arrière, prit appui sur le gauche et se pencha en avant. Un sourire pinçant ses lèvres vint errer sur son visage aux allures angéliques. Un son enfin, se fit entendre après le silence qui avait suivit le seul mot qu’avait prononcé la jeune femme ; le claquement de bottes contre le sol froid, brisant ainsi l’atmosphère glaciale qui régnait. Elle courait. Non, elle fuyait.

Fuyu ne bougea pas d’un iota, comme figée devant ce spectacle qu’elle voyait au ralenti. Elle savait pourquoi elle était là. Elle savait aussi que le labyrinthe auquel elle faisait face avait mauvaise réputation. Ce n’était pas pour rien qu’on le nommait le labyrinthe de la torture. Que cachait-il ? Des pièges ? Maintenant que son sadisme avait totalement refait surface et que le peu humanité dans ce regard ait disparu, elle était prête à tout. Ce n’était qu’un jeu après tout, bien que la mise ne soit pas banale. Son destin se verra scellé au premier pas qu’elle effectuera. Sa vie prendrait peut-être fin, qui sait. Des visages défilèrent à toute allure devant son regard vitreux, alors qu’une once de mélancolie se fit ressentir. C’était trop tard de toute façon.

– Cours petit lapin. Pendant qu’il en est encore temps… Cours !

Elle cria ces paroles haut et fort, sur un ton à la fois sarcastique et dédaigneux. Aussitôt sa phrase achevée qu’elle avança son pied droit et fonça vers l’entrée du labyrinthe. La jeune femme avait disparu, mais Fuyu l’avait vu prendre un tournant et la suivit aussi tôt. Elle prenait de la vitesse en se fiait à son ouïe pour entendre d’où provenaient les pas de la deuxième personne. Elles étaient seules ; la couleur était annoncée. Nul n’échappait à son destin et nul ne contournait son avenir, Fuyu fera simplement en sorte que le présent de l’esprit devienne rapidement une partie intégrale de son passé. Elle voulait en finir vite et c’est sans doute ce qui la poussa à puiser dans ses ressources pour accélérer encore.

Mais la question revint, plus insistante. Pourquoi ? Pourquoi est ce qu’elle courait ainsi ? Pourquoi est-ce qu’elle se donnait tant de mal, laissant sa longue chevelure rousse fouettait son visage et ses yeux la piquer comme jamais au vu de l’humidité pesante ? C’était insensé. De toute manières, Fuyu n’avait jamais était « censée » alors elle n’avait pas besoin de se justifier. Il était temps qu’elle se laisse un peu allé ; elle en avait juste assez de vouloir atteindre l’impossible. Elle voulait courir, hurler et enfin tomber à terre pour ne plus jamais se relever. Est-ce que, Ô grand esprit que tu es, pourrais lui accorder cette faveur ? Elle voulait juste lâcher prise et serait éternellement reconnaissante à la personne qui l’aiderait à mettre fin à ce cercle vicieux qu’était sa vie.

Elle apercevait les beaux cheveux de la jeune femme, virevoltants tels les siens au vent. Appuyant de toutes ses forces sur son pied droit, Fuyu s’élança vers elle dans une poussée d’adrénaline mais ressentit une vive douleur au niveau de sa cheville. Sa main droite se posa contre le mur froid qui était naturellement à sa droite, alors qu’elle tomba à genoux, son regard glissant sur la partie de son corps lui faisant mal. Ce n’était rien de grave ; elle arrivait à la bouger. Elle se releva difficilement et se remit à courir en tentant d’ignorer la douleur qui la faisait grimacer. Empruntant le tournant de droite, de gauche, de droite elle finit par tomber sur une voie sans issue. Dès lors, elle fit volte-face et ré-entreprit cette course folle. Elle éclata alors d’un rire à la fois bruyant, hystérique et parsemé d’un mélange amer de sadisme et de nuances de folie.. Courir pour rendre la chasse plus alléchante. Alors cours esprit…. Cours comme si c’était la dernière fois, et mets tout ce que tu possèdes en jeu. La partie sera décisive. Il n’y aura pas de deuxième chance ; il n’y aura qu’une seule issue et qu’un unique vainqueur.

Était-ce une illusion ? Ou était-ce réellement la jeune femme qu’elle coursait ? Fuyu n’en savait rien mais elle avait l’impression d’être en face d’elle. Elle s’immobilisa. Rêvait-elle ? Elle étira ses lèvres dans un sourire cette fois-ci nostalgique avant de serrer les poings et de foncer une énième fois, vers la femme ou alors vers son mirage.

Mais à quoi joues-tu Fuyu ?

Lun 12 Mar - 23:28
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Kyomi
J'étais inconditionnellement et incontestablement dans une situation magnifique, ce qui ne changeait pas vraiment de mon quotidien. Mais celle-ci ne dura pas longtemps, car j'avais eu vite fait de faire volte-face pour m'enfoncer dans ces couloirs vastes et interminables, forçant la main à la jeune humaine en face de moi. Elle devait venir, elle devait me sauver. Ce scénario n'était-il pas parfait et à la hauteur des espérances de tous ? Malheureusement, je n'avais guère l'intention de lui faciliter la tâche, et croyez-bien que je prendrais plaisir à lui mener la vie dure, durant tout le temps qu'elle passerait en ces lieux. Après tout, elle n'était que le reflet de mes propres mots et paroles, une entité dévouée à un amusement illusoire qui ne nourrissait des actes d'autrui pour les faire sien. C'est pour cela que ma provocation avait entraîné la tienne.

Je pense être la plus folle, Fuyu. Je pense assez folle pour ne pas t'avoir écrabouillé le visage sous mes bottes après une telle insulte. Le seul fait d'utiliser le "mon" vaudrait à quiconque une torture sans précédent, si j'étais le destinataire de la phrase. Mais étais-je réellement folle de penser que je méritais une telle attention ? Ne seriez-vous pas les fous, vous-même, condamnés éternellement à baigner dans votre propre vision du monde, jugeant toute hérésie à celle-ci comme un simple et pur acte de folie ? Je me le demande, et mes actions contraires à tout principe humain et décent étaient la traduction d'une envie de vérifier les véritables valeurs de la vie. Et toi, ma petite, tu étais assez bête pour me courir après à travers cet endroit de la torture. Tu étais assez bête pour devenir un simple cobaye, le jouet de mes expériences interminables.

Tu me fais rire, je dois l'avouer. Tu me cours après avec une telle passion dans le regard, comme si je n'étais pour toi qu'un divertissement qui n'allait pas tarder à te lasser. Un divertissement qui serait ton dernier, puisque les méandres de ce que tous nomment folie allaient désormais s'abattre sur toi, lorsque tu auras fait mon mode de pensée tien. Pourtant, je n'éprouvais aucun amusement personnel à te laisser me courir après, si ce n'est celui de voir ton visage toujours plus usé s'éloigner dans mon dos. Je n'avais aucun mal à te semer, mon corps figé dans le temps renvoyant le sentiment de fatigue dans la catégorie des préoccupations inutiles, même lors d'une course de ce genre. Et là, tu t'arrêtes, persuadée de m'avoir attrapée. C'est faux, je suis celle qui t'a offert une chance. Je suis celle qui te permet de m'attraper, mais tu ne le fais pas.

"Pourquoi ? POURQUOI ? Ah, je sais. Tu es folle. Amusons-nous !"

Puisque après tout, cela parait tellement divertissant. Puisque après tout, c'est ce que tu as désiré en me courant après, tel le prédateur chassant sa proie qu'il savait pourtant hors de sa portée. Puisque après tout, nous ne savons aucunement qui possède la vérité qui puisse être la plus apte à être qualifiée de véridique. Puisque après tout, nous ne savons pas qui est la plus folle. Tu es la plus folle ma chère, mais je suis la plus folle à tes yeux. Ceux-ci doivent être bien aveugles pour ne pas te distinguer, ton pitoyable corps réduit en une courbette due à la fatigue ; et ce en face du mien. N'était-ce pas plutôt la naturelle réaction d'un corps qui se sait totalement inférieur au mien ? Je pourrai t'écraser Fuyu, piétiner et cracher sur ta figure déchirée en une horrible grimace par la fatigue, je pourrai te torturer pour l'éternité jusqu'à ce que mort s'en suive.

Je ne peux malheureusement pas. Je ne sais pourquoi, mais cela n'avait pas d'importance, je n'avais pour l'instant comme objectif que de te faire perdre la tête. Pour ce, il te suffisait d'aspirer à ma façon de mourir, une mort éternelle dans un corps spectrale, exempté de toute sensation ; quelle qu'elle soit. Peux-tu imaginer la seule sensation de vide en ton corps ? Le fait de n'être plus libre de ressentir, une âme condamnée à hanter autrui pour l'éternité. Une entité vide de tout, si ce n'est de ses traits de caractère mauvais, mais guidés vers un certain objectif pour n'en être plus qu'une machine vouée à répandre le mal. Tu ne pouvais comprendre ça, étant une humaine emplie de tout ressenti et de défauts. Tu n'avais pas atteint la perfection et ne pouvais prétendre à être une entité bonne. Sais-tu seulement ce qui est bon ou pas ?

"J'aime bien jouer à cache-cache."

Toi aussi ? Debout devant toi, les bras croisés sur ma poitrine et le regard figé dans une expression de dureté et de froideur, mes lèvres s'étirèrent en un sourire d'amusement. Tu étais incapable de faire quoi que ce soit en ces lieux, aussi étais-je incontestablement la maîtresse désignée. Je pouvais choisir de ce qu'était folie et décence, je pouvais te pousser aux limites de ton esprit jusqu'à t'en faire perdre la raison. C'est bien ce que je comptais faire, et tu pouvais le comprendre en voyant mon corps reculer en flottant. Toute chance s'était envolée, ma chère, car tu n'avais pas su saisir la seule qui t'ait été accordée par un esprit supérieur. Désormais, tu pouvais voir mon corps traverser les murs, les uns après les autres, le labyrinthe te semblant soudainement gigantesque. Ne pense plus, agis. Une seule dernière pensée t'es permise, et c'est celle qui résonna.

"Trouve-moi si tu peux."

Jeu 15 Mar - 20:37
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Fuyu Kodoku
C’est malheureux, non ? L’humain est destiné à être une vulgaire marionnette agissant au grès des envies de ses vis-à-vis. Après, il y avait les esprits. Effectivement, ayant eux aussi été humains, ils étaient eux aussi des pantins. Mais si nous parlions de cela, c’est qu’il devait bien y avoir quelqu’un qui agitait ces petits êtres faibles. Eh bien ce n’était pas quelqu’un mais quelque chose, comme dit plus haut. L’esprit en question étant venu titiller l’humaine, cette-dernière se vit comme contrainte à répondre à la provocation. Oh et puis c’était amusant ; humain ou esprit, ce n’étaient que de vils moyens de divertissement. Et maintenant ? Disons simplement que les jeux sont faits et que la partie était en train de se dérouler dans cet endroit sinistre et mystérieux. Dans ce labyrinthe qui annoncerait le vainqueur. Sur cette arène de combat. Sur ce terrain de jeu.

Aussi pétillant que du Champagne. N’étant même pas sûre que cette citation existe, Fuyu ne se lassa pas d’observer son interlocutrice. Néanmoins c’était le mot juste, elle était juste pétillante. A dire vrai, ce n’est pas son physique de non-mortel qu’elle regardait, mais juste l’expression changeante de son regard. Elle pensait être la reine de l’échiquier ? Soit, elle l’était. Mais dans ce cas, Fuyu était celle qui prenait l’immense responsabilité de risquer chacun de ses pions, y compris la dite reine. L’esprit pensait être maître des lieux ? Qu’elle le pense, bien qu’il n’en fût guère. Humaine ou pas, la jeune Kodoku était loin d’être stupide et bien au contraire, avait analysé la situation dans laquelle elle se trouvait depuis belle lurette déjà. Bien qu’elle était en pure extase devant cette partie de chasse, elle avait réussit à retrouver sa sobriété l’espace d’un instant. Recouvrant sa crainte, son angoisse et son hésitation d’une confiance en elle sans égale, elle avait rapidement cerné les intentions de l’esprit. Voulait-elle ajouter quelques règles à cette partie de course poursuite ? Désirait-elle se servir de la rousse telle un simple moyen de distraction ? Mais voyons, comment s’opposer aux ordres d’une reine ? Qu’il en soit ainsi, elle serait cet objet aux yeux de l’esprit. Elle nourrirait l’esprit sadique du fantôme pour assouvir sa propre envie de prendre un peu de plaisir. Sa propre avarie du jeu. Toute femme est folle, toute femme est hystérique mais toute femme demeure intuitive. Belles paroles d’un écrivain expérimenté. Fuyu ajoutait bien sûr sa petite touche personnelle à la phrase précédemment dite.

Elle ne voulait pas d’une victoire simple. Elle ne voulait pas d’un divertissement qui allait vite la lasser. Elle voulait tout mettre en jeu quitte à ce que cette partie dans laquelle elle se mesurait à un esprit soit la dernière qu’elle jouera. Elle n’avait plus rien à perdre alors elle allait toute tenter pour pouvoir attraper ce satané esprit. Celui-ci n’avait rien à craindre, déjà mort il ne pouvait plus rien lui arriver de vraiment décisif, si je puis-dire –Sa vie étant une parcelle du passé. Car effectivement, la mort arrive si brusquement et si violemment que ça en devient décisif, car ça vous coupe de la vie. Ah oui, la vie. Fuyu était vivante. Elle pouvait mourir, elle. Elle pouvait se blesser, elle. Elle pouvait éprouver quelque chose, elle. Elle pouvait souffrir, elle. Elle pouvait mourir, contrairement à la jeune femme n’étant plus qui se tenait face à elle. Elle avait pourtant prit sa décision cette petite ; elle misait tout ce qu’elle possédait. Elle mettait en jeu sa propre vie ainsi que le bonheur de quelques rares personnes s’étant attachés à elle. Fuyu ne leur avait jamais rien demandé alors c’était bel et bien à eux d’assumer ce choix qu’ils avaient prit en acceptant de se lier à la l’adolescente. De l’égoïsme ? Nullement ! Juste de la folie. Oui voilà, elle était folle. Et ce misérable esprit l’avait décidément bien comprit.

Ce dédain dont elle faisait preuve, ce mépris, ce sadisme et cette supériorité étaient juste fascinants. Elle pensait pouvoir se débarrasser de Fuyu. Elle pensait pouvoir en faire l’un de ses larbins. La gothique devait-elle rire ou pleurer ? Ce que c’était amusant de laisser croire une pauvre âme damnée qu’elle avait le plus total contrôle sur vous. Bien que fatiguée, Fuyu avait puisé la force nécessaire pour se ruer sur sa proie, ce en passant par-dessus sa vive douleur à la cheville. Bien sûr, elle avait attendu trop longtemps et c’était inévitablement et indéniablement trop tard. Mais une chose était néanmoins certaine, quand on veut quelque chose, il suffit que de tendre la main et de la saisir. Ces mots eurent le drôle d’effet de faire comprendre à Fuyu son erreur. Ce n’était pas l’esprit la proie, c’était elle. C’était en effet elle qui était ciblée dans cette chasse. Elle ne pouvait expliquer pourquoi mais c’était ainsi. Elle se dit que ce n’était pas grave car au moment même où elle fit le premier pas dans ce labyrinthe, elle avait accepté tout ce qui pourrait lui arriver y comprit le fait d’être le jouet de l’esprit. Tant qu’elle pouvait sourire une ultime fois, rire de son rire démoniaque une dernière fois et se sentir en vie sans avoir à ressentir les sentiments basiques telle que la peur, l’attachement ou autre.

Bien sûr qu’elle était folle ! Ce n’était pas une question de toute façon mais une affirmation. Laquelle de ces deux jeunes femmes étaient la plus avancée dans la dite folie ? La jeune fille à la chevelure écarlate n’en savait rien et ne voulait pas d’avantage se poser la question. Parce que les mots sont vains, parce que les mots n’ont pas de sens lorsqu’ils sont prononcés par une bouche bien trop souillée déjà, parce que les mots ne sont pas preuves. Parce que les mots ne sont que mots.

Le corps est le réceptacle de l’âme et l’âme est le réceptacle des sentiments. Mais il n’y a malheureusement qu’une seule vie et une éternelle errance que certains nomment mort. Fuyu avait déjà aimé, exécrer, jalousé et envié. Mais elle avait aussi été seule et sans affection, victime de l’indifférence de son entourage. Cette pseudo-gamine avait souffert, avait été en vie il fut un temps. L’était toujours, pour quelques aveugles. Mais pourtant, en y voyant de plus prés, on ne peut que comprendre que depuis bien longtemps toute once d’humanité l’avait déserté. Quelque fois encore, elle réussissait à être heureuse mais jamais plus à être en vie. Non, elle était en vie. Ce qu’elle n’arrivait pas à faire, c’était se sentir en vie. Être un esprit avait le mérite d’être clair ; nous fûmes touchés par la mort. Mais demeurer coincer dans le monde des vivants sans pour autant avoir la preuve de votre existence était insoutenable. Et c’est pour ça qu’elle allait attraper ce corps vidé de tout sentiment. Juste pour savoir s’il suffisait de respirer et d’éprouver quelques sentiments pour être en vie. Vu comme ça, cela pouvait paraître paradoxal. Peut-être que ça l’était. Peut-être qu’elle avait finalement raison. Peut-être que la citation de Bernard Weber était fondée ; ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison.

Jusque là, Fuyu n’avait fait que réfléchir. Elle avait en effet courut mais sans cesser de penser à une tactique pour piéger la jeune femme. Et si c’était ça, la plus grosse erreur qu’elle avait commise depuis le commencement de cette partie de chasse ? Peut-être devait-elle simplement agir au lieu de tenter de trouver un moyen concret et crédible de mettre la main sur son adversaire. Elle cherchait une once de décence dans une étendue de folie. D’un regard froid, l’esprit déclara de son habituelle voix l’ajout de quelques règles. Flottant dans les airs, les bras croisés sur sa poitrine, elle recula jusqu’à s’enfoncer dans les murs, les uns après les autres tandis que le labyrinthe sembla s’agrandir jusqu’à devenir littéralement gigantisme. Ne plus perdre de temps, agir. Ne pas chercher comment agir, foncer. Ne pas relever la tête, la baisser et rentrer dans le tas.

D’un pas assuré, Fuyu s’élança vers le premier tournant qu’elle aperçu. Des murs trop hauts pour être escaladés, nota-t-elle. Elle préféra alors entamer une course effrénée où la fatigue n’avait pas lieu d’être. Enchainant les espaces restreints qui suffisante pourtant à contenir son corps de taille fine, elle ne s’arrêta pas même pour prendre son souffle. Elle avait les sens en éveil, l’ouïe bizarrement assez fine pour qu’elle puisse entendre le bruit du sang battre au niveau de ses tempes –Ou était-ce juste une impression, le regard acéré telle une lame métallique, l’odorat gouverné par plusieurs senteurs et le palais pâteux. Ses mains étaient humides de sueur mais elle ne voulait pas s’arrêter. Elle était prête à tout. Prête à tout pour s’amuser. Se stoppant nettement et basculant la tête en arrière, elle huma à plein poumons l’air frais, son poing serré. Après un moment, elle détendit ses muscles en desserrant soudainement le même poing, des ondes non-perceptibles par l’œil jaillissant de son corps pour aller s’écraser contre le mur de gauche qui explosa dans un bruit sourd. Le fracas de la pierre ne la dérangeant pas, elle emprunta ce nouveau passage et continua de courir en passant par les chemins qu’elle choisissait au hasard. Il est à noté qu’elle ne se servit plus de son éclat sismique. On pouvait voir cela comme de la triche mais l’esprit avait bien traversé les murs et aucune règle de ce jeu n’interdisait de les détruire. De son point de vue, c’était loyal. Continuant à longer les chemins qui étaient devant elle et à éviter les obstacles telles que des cailloux mal positionnés, elle afficha un sourire amusé. Pour la première fois de sa vie, elle suivait son instinct. Où allait-il la conduire ? Seul le temps pourra lui accorder réponse à cette question. Elle lança un regard sur sa droite en fronçant les sourcils de façon à voir si ce dit instinct avait été utile ou juste perte de temps.

« Sotte que tu es en tentant de me semer ! Oh oui, jouons ma tendre amie » Hurla-t-elle alors en insufflant du sarcasme dans chacun de ses mots.


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